Trois questions plus une à… Yves Goutte. Président d’honneur de la FNCTA Ardèche, fondateur du Comité Départemental de la FNCTA Ardèche et de la Troupe Sauvage de Bourg-Saint-Andéol.

Interview 2018 :

Yves Goutte, rapide présentation, tu es le président d’honneur de la FNCTA Ardèche, fondateur du Comité Départemental de la FNCTA Ardèche et de la Troupe Sauvage de Bourg-Saint-Andéol.

Yves tu nous présentes ton parcours Théâtral ?

Quel bien grand mot auquel je ne suis pas habitué. Mais bon !
Je me suis retrouvé sur scène vers 11/12 ans, j’étais soliste (soprano) d’une chorale affiliée aux PUERIS CANTORES, fédération des PETITS CHANTEURS A LA CROIX DE BOIS. Puis adolescent, je fondais, avec quelques amis, un groupe de chanteurs style « Compagnons de la Chanson », tout en participant activement au « club » théâtre scolaire. Et déjà je devenais le présentateur attitré de tout un tas de manifestations de spectacles vivants dans mon petit coin de la LOIRE…
En septembre 1969, je naviguais sur l’Ancerville vers Abidjan, en Côte d’Ivoire, où j’allais passer 2 ans de rang en coopération. Là pareil, dans mon collège, je fondais plein d’activités dont le théâtre. Ce furent sûrement les deux plus belles années de ma vie qui furent un véritable « passage » (d’où le travail et les textes montés avec les groupes ado de ma troupe !)
Au retour, je participais au club théâtre de la MJC que j’avais contribué à créer avant mon départ. Je commençais ainsi à me former réellement en donnant des bases à ce que j’avais fait empiriquement jusque-là, tout en participant à une troupe de théâtre étudiant sur Lyon.
Les anecdotes sont nombreuses et je compte bien les réunir en un petit ouvrage personnel « pour la postérité » (on, je ris !)

Quel est ton rôle à la FNCTA Ardèche ? Que représente pour toi cet engagement ?

Enfin, en 1975, le travail m’a conduit en Basse Ardèche, à Bourg St-Andéol. Le théâtre y avait disparu depuis plusieurs années ; mais un groupe de « fondus » relança l’activité, en 1976. Me connaissant, je n’ai pas voulu « y aller » ayant peur de me « faire manger » à nouveau en mettant le doigt dans ces activités culturelles. J’avais un nouvel emploi et une nouvelle famille.
Seulement, éducateur scolaire spécialisé puis instituteur spécialisé, je me faisais remarquer par le travail que je mettais en place avec mes élèves en grande difficulté scolaire, et très vite, le groupe qui avait fait scission avec les premiers « fondus », fit appel à moi, ils cherchaient un comédien.
Bon ! Je m’y rends. En voyant la manière de travailler et l’avancée de leur travail, je les ai un peu découragés en voulant les aider ! (Et oui, je n’étais pas encore dans l’optique « formation » !) Aussi, ils arrêtèrent, sauf Marie-Andrée qui m’avait demandé de venir et qui, prof au Lycée de Pierrelatte, connaissait l’envie de plusieurs profs pour tenter l’aventure d’une « troupe ».
Sur une table de café, on se dit qu’on pourrait faire quelque chose de cette troupe de sauvages (1). Ce qui fut dit fut fait. Et le 18 novembre 1978, la naissance de La Troupe Sauvage de BOURG ST-ANDEOL était déclarée en préfecture de l’Ardèche.
Le site de la Troupe vous renseignera sur la programmation.
Mais mon « destin » théâtral est lancé. Très vite, on mesure nos limites et on s’aperçoit que sans réelle formation, on retombera dans les travers du théâtre « amateur ». Ce sera avec Alain BAUGHIL et Eva Hanke (Théâtre Le Fenouillet à St-Gervais sur Roubion dans la Drôme provençale) que nous commencerons une réelle formation. Puis ce sera avec le feu Théâtre Isocèle de Montélimar. Dès 1984, étant peu à peu connu des Compagnies professionnelles de la Vallée du Rhône, j’ai eu l’occasion de jouer « en pro » dans plusieurs spectacles, tout en me formant sur le tas et en continuant d’animer La Troupe Sauvage !
Mais le véritable démarrage se fera avec la rencontre de la Fédération Nationale des Compagnies de Théâtre et d’Animation (le mot « amateur » ne figurait pas encore dans le déploiement du sigle à l’époque). En effet en 1986, je rencontrai le président des CD 26/07 à l’occasion d’une sélection du Masque d’Argent à St-Paul Les Trois-Châteaux. Et là, ce fut sûrement la rencontre de ma vie en ce qui concerne le théâtre, je fus présenté à Monsieur Jean Paul SABY.
Je vais passer les étapes car dès lors, tout alla très vite. La Troupe Sauvage faisait des progrès grâce à tout ce que j’apprenais à « l’extérieur », à toutes les rencontres que fait naître le théâtre tant avec les acteurs amateurs qu’avec les acteurs professionnels. La FNCTA m’a permis de faire tous les stages possibles et de là à en faire d’autres plus perso avec des pro.
Parallèlement au jeu de comédien et de metteur en scène (dans ma troupe), je devenais formateur. (2) Je prenais vite des responsabilités au sein de la Fédé : d’abord responsable du CD 26/07, puis Animateur-Intervenant de l’Union Rhône-Alpes, représentant parfois notre région au CA national. En 1999, avec quelques collègues de l’Ardèche, on fondait le CD 07 ; car il m’était devenu impossible de gérer les 2 départements et notre Conseil Général Ardéchois était très intéressé par nos actions et notamment avec les jeunes. Je suis même devenu quelques années « conseiller technique national à l’Action Jeune Comédien » au sein de la FNCTA.
Ce travail m’a permis d’aller ici ou là, en France, présenter ce que nous faisions en 07 avec les jeunes, nos projets, nos réalisations avec le grand regret de n’avoir pas pu faire aboutir ce qui aurait été le premier festival jeunes de notre région. Heureusement, sous la houlette –entre autres- de Monique Curat (qui participa à l’un de mes stages à Ste FOY les Lyon organisé par un ami incontournable avec Jean Paul, Emile ZEZIG, ce festival vit le jour l’an dernier.
Autre aspect de ce travail en Ardèche, c’est le rapprochement effectué entre les Cies de Théâtre professionnelles et le théâtre amateur. C’est aussi le travail de fourmi avec la SACD, qui depuis me semble avoir été un peu… vain, vu l’évolution et surtout la disparition des antennes locales.
J’ai mélangé, un peu trop peut-être, les activités : comédien, metteur en scène, animateur d’ateliers, formateur (même au sein de l’Education Nationale), administrateur, initiateur de projets… Mais toutes ces « cordes » que j’ai ajoutées à mon arc n’ont qu’un seul point commun c’est le théâtre. Le théâtre pris comme lieu de formation, d’aide au développement de la personnalité et de la citoyenneté, d’ouverture aux autres par les rencontres qu’il crée.
Et si au travers de mes nombreux personnages, j’ai pu en même temps faire plaisir au public et le régaler de rires et d’émotions, alors à 71 ans, même si ce n’est pas encore fini (voir les projets), je peux me retirer heureux ayant semé la relève pour que vive encore et toujours le théâtre amateur dans nos campagnes et nos petites villes.

Quels projets à venir ?

J’ai toujours été un homme de projets. Maintenant, mes projets se limitent à court terme.
– monter un spectacle avec des jeunes (15-18 ans) déjà formés dans mes ateliers théâtre (je n’assurerai plus de formation) pour le « tourner » un minimum dans la proche région et si possible (concurrence des études) participer à un festival « jeunes », comme nous l’avions fait au démarrage de l’Action Jeunes Comédiens de la FNCTA en 2002 à Castelnau le Lez.
– Jouer dans une ultime (?) mise en scène avec Richard et quelques comédiens de la Troupe.
Ces deux projets sont déjà en chantier. Après ? Sans doute écrire.

Dernière question, tu as le pouvoir de voyager dans le temps, tu voyage dans le passé ou dans le futur et pourquoi ?

Dernière question, tu as le pouvoir de voyager dans le temps, tu voyages dans le passé ou dans le futur et pourquoi ?
Voyager dans le futur ?… Si ce futur n’est pas concret, non. C’est pas trop mon truc. Par contre voyager dans MON passé, oui. Ça, je connais. Y voyager non pour regretter des « choses », ni pour le refaire ou pour « refaire l’histoire » comme on dit, mais pour me rappeler les bons moments, revivre certaines anecdotes ; et là j’en ai tellement à raconter que, oui, ça vaudrait vraiment le coup que je les raconte par écrit car pour chacun de mes spectacles j’en ai plusieurs…

(1) J’ai écrit par ailleurs l’origine de l’appellation « Troupe Sauvage » à l’occasion du 40ème anniversaire.
(2) La formation est une base incontournable : d’abord compte-tenu de mon métier éducateur spécialisé, puis instituteur spécialisé, directeur d’école spécialisé enfin coordinateur d’un Réseau d’Education prioritaire au sein de l’Education Nationale. J’ai « utilisé » le théâtre comme moyen avec souvent des créations à la clé. Au sein d’un « Dispositif-Relais », j’ai pu « allier » l’enseignement du français avec la pratique théâtrale.

Informations complémentaires :

Pour le site internet de la Troupe Sauvage, cliquer ici
Pour la page facebook de la Troupe Sauvage, cliquer ici
Pour l’invitation des 40 ans de la Troupe Sauvage, cliquer ici
Interview réalisée par : Jean-Emmanuel Porteret de la FNCTA Ardèche