Maïté Cussey. Nouvelle élue au Comité départemental du Rhône de la FNCTA

Maïté Cussey. Photo Damien Maillet

Interview.

Maïté Cussey, vous venez d’être élue au Conseil d’Administration du Comité départemental du Rhône de la FNCTA (CD69). Félicitations.
L’occasion de vous présenter aux lecteurs de notre site web régional et, entre autres, à nos licenciées et licenciés.

G.D. Pouvez-vous nous décrire, dans les grandes lignes, votre parcours artistique, même si nos lecteurs ont pu vous découvrir lors d’un récent interview consacré à votre compagnie Les Ishtaris ?
M.C. J’ai commencé le théâtre à 15 ans au sein de la section européenne espagnol de mon lycée franc-comtois. Rien ne me destinait spécialement à suivre cette voie, mais j’ai vite pris goût à la scène et j’ai pu commencer une formation au Conservatoire de Montbéliard en parallèle de mes classes de première et terminale. J’ai ensuite choisi d’aller vivre à Lyon pour avoir plus d’opportunités (en tant que spectatrice et actrice) et pour suivre une classe préparatoire littéraire option théâtre. Je me suis ensuite orientée vers la faculté de Lettres Modernes et vers la compagnie lyonnaise Ugomina avec qui j’ai suivi une sorte d’apprentissage du jeu et de la chanson qui a duré 5 ans. J’ai monté mes premiers projets en tant que metteuse en scène au sein de l’Université Lumière Lyon 2 avec des camarades de fac, et grâce à l’aide de différents soutiens (Université Lyon 2, CROUS de Lyon, Ville de Bron et ancienne région Rhône-Alpes). La troupe s’est ensuite scindée en deux entre les aspirant·e·s professionnel·le·s du Théâtre Ishtar et la troupe amateur Les Ishtaris, les jeunes professionnel·le·s accompagnant les amateurs dans leurs créations.

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Maïté Cussey. Photo Damien Maillet

G.D. Qu’est-ce qui vous a amené à prendre des responsabilités au sein de ce comité du Rhône de la Fncta ?
M.C. Le président du CD69, Gilles Champion, m’a proposé de créer un comité de travail autour de la parité femmes/hommes. Malgré mon emploi du temps chargé par mes deux troupes, je n’ai pas pu résister car je suis sincèrement passionnée par le sujet et je pense qu’il est possible d’amener des changements positifs et libérateurs à tous les niveaux. L’étude des inégalités est menée depuis de nombreuses années dans le milieu du théâtre professionnel (et dans bien d’autres milieux d’ailleurs !), il est logique que ces questionnements arrivent aussi dans les pratiques amateurs. Si cela peut aider d’autres femmes et hommes à s’épanouir dans leur pratique, et par extension dans leur vie, il me semble important de mener cette démarche.

G.D. L’égalité Femmes-hommes est-elle, dans le théâtre amateur, le miroir de ce qu’elle est dans notre société ?
M.C. Avant de se prononcer, il faut mener une vraie enquête chiffrée sur le ratio comédiens/comédiennes, metteurs/metteuses en scène, etc. On m’a dit plusieurs fois à la journée du comédien : « on a trop de femmes » ou « on manque d’hommes ». Je pense qu’il sera intéressant d’étudier la question et de voir si ces affirmations sont vraies. Je ne pars pas dans cette mission avec des a prioris, mais mon expérience du jeune théâtre professionnel m’a fait voir que si les femmes sont plus nombreuses en jeu dans les petites productions, plus les productions grossissent, plus le nombre de femmes diminue. Par ailleurs, les metteuses en scène et autrices restent minoritaires dans les programmations. Nous verrons si c’est également le cas dans le cadre du théâtre amateur.
D’autre part, il me semble intéressant de se pencher sur la représentation qui est faite des femmes et des hommes au théâtre, voir si les stéréotypes sont encore ancrés et si on ne peut pas proposer des modèles plus diversifiés et enrichissant pour les interprètes (quel que soit leur genre).

G.D. Quel est votre projet le plus proche ou le plus fou ?
M.C. Une trilogie shakespearienne féministe et queer (1)! Ce projet est actuellement en travail au sein de ma jeune compagnie pro. Notre but est de parvenir à jouer nos trois réinterprétations de pièces Shakespeare en une seule journée (soit plus de 6h de performance). Cela va nous demander un sacré travail de préparation mais nous sommes très enthousiastes ! Un projet encore plus fou serait d’amener au moins l’une de ces productions à l’étranger. On a envie de voyages et de confronter notre démarche à d’autres publics.

 

Propos recueillis par Guy Dieppedalle, architecte de mots éphémères.
07  février 2018

(1) Queer : Terme qui qualifie tout ce qui n’est pas conforme aux normes genrées et hétéronormées

Documentation complémentaire

Compagnie Les Ishtaris
Page Facebook du comité du Rhône de la Fncta  https://www.facebook.com/fnctaCD69
Autres interviewes  http://fncta-auvergne-rhone-alpes.fr/category/interviews/

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